- Nox - A vous de rallumer l'espoir.

La 6eme année touche presque à sa fin à Poudlard, le trio de Gryffondor, toujours dans le coma, ne peut rien faire contre l'avancée des Mangemorts...A vous de vous battre pour faire gagner votre camp !
 

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 This is how I feel... [PV Astoria]

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Drago Malefoy
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MessageSujet: This is how I feel... [PV Astoria]   Sam 19 Mai 2012 - 23:43

7 Janvier 1996


Le cœur battant, je passais trois fois devant le mur face à la tapisserie de Barnabas le Follet et de ses trolls, marchant au pas de course tandis que je fermais les yeux, demandant mentalement que la salle apparaisse. Sa porte se dessina enfin, et je jetais un nouveau coup d’œil autour de moi pour être sûr que personne ne me remarque. Je pénétrais alors dans la pièce aussi vaste que sombre, illuminée par quelques chandeliers. Son architecture avait changé cette fois, alors que je ne venais non pas pour l’Armoire à disparaître cette fois, mais pour une bien toute autre chose. La première phase de mon plan était enfin prête, les Mangemorts pourraient pénétrer dans l’école sans encombre, celle-ci à présent réparée. Maintenant, il ne me restait plus qu’à trouver une solution pour nous débarrasser de Dumbledore, et tous mes problèmes seraient enfin résolus. Du moins je l’espérais, bien qu’au fond je n’y croyais pas. Dans tous les cas, je savais que l’issue de cette histoire tirerait un trait définitif sur ma vie, que ce soit au sens propre, comme au figuré. Car je savais que si j’échouais, le Seigneur des Ténèbres mettrait fin à mes jours, ainsi qu’à ceux de ma famille. Si je réussissais, en revanche, tout serait également différent. Je deviendrai celui qui a tué le mage le plus puissant, le parjure... Et en même temps peut-être le futur bras-droit du Maître, qui sait. C’était ainsi que j’étais depuis le début : entre l’état d’une résignation des plus totales alors que j’avais l’impression que jamais je ne pourrais y arriver, mais en même temps cette volonté et cette ambition plus qu’immense de faire mes preuves. Tout en sachant que j’allais également perdre une personne qui, je ne sais par quel maléfice, m’était devenue assez chère...

Je découvrais devant moi une immense salle dans laquelle un feu de cheminé baignait la pièce d’une atmosphère aussi douce qu’étrange par son paradoxe que lui conféraient les différents objets de magie noire qui y trônaient. Mais c’était précisément ce dont j’avais besoin. Au centre de la salle se trouvait un bureau de bois sur lequel reposait un chaudron, un crochet pour le suspendre situé au-dessus de l’âtre de la cheminée. Toutefois, je n’en avais nul besoin pour le moment, car ce qui me fallait en premier lieu était une idée bien précise du type de sortilège qu’il me faudrait utiliser. Car, à vrai dire, tout ce que j’avais essayé jusqu’à présent s’était soldé par un échec, à commencer par le médaillon ensorcelé qui n’était pas tombé dans les bonnes mains... Bref, il semblait bien que la fortune ne soit pas de mon côté, mais je ne voulais en aucun cas baisser les bras. Je me dirigeais alors vers le bureau et m’assis sur la chaise, déboutonnant ma veste de costume noir pour prendre l’ouvrage que j’avais dissimulé dessous. Je posais le volume sur le bureau et commençais à le feuilleter, voyant toutes sortes de sortilèges qui n’avaient ou bien rien à voir avec ce que je recherchais, ou bien qui étaient bien trop complexes à mettre en place sachant les moyens que j’avais ici. Et vu combien les courriers étaient surveillés à présent que le Seigneur des Ténèbres montait en puissance, il serait plus que parfaitement stupide de faire envoyer ces ingrédients qui me manquaient pour pouvoir préparer tout cela. Je lâchais alors un soupir une fois le volume feuilletais et le fermais avec une certaine colère mêlée à de la fatigue, ne sachant plus quoi faire. A moins de le tuer à l’aide de ce fameux sort interdit une fois que je serai face à lui... Mais comment, en lui demandant d’être convoqué dans son bureau, ou bien en le lui jetant une fois qu’il aurait le dos tourné ? Il n’y avait pas plus stupide comme méthode... Il n’était pas quel sorcier après tout, et même le Maître le redoutait cruellement. Quoi faire alors... Attendre que les Mangemorts aient déjà envahis l’école et qu’il soit trop occupé pour pouvoir enfin en finir ? Pourquoi pas, mais je ne garderai cette possibilité qu’en absolu dernier recourt. Je ne pouvais pas me permettre d’échouer, hors choisir cette option serait bien trop risquée. Il fallait que je trouve autre chose...

Je lâchais un long soupir, regardant une nouvelle fois autour de moi ces étagères et ces bibelots qui reposaient dessus. Crânes en tout genre, fioles... il y avait vraiment de quoi faire, alors pourquoi ne trouvais-je rien ? Une poupée vaudou peut-être... ? Dans l’état où il était, je doute qu’il sente encore grand-chose... A tous les coups il confondra ses effets avec ses rhumatismes... Tssk.
En tout cas, si cette salle pouvait également faire apparaître des solutions, se serait bien plus pratique encore... Mais oui, suis-je bête... A défaut de ne pas avoir de solution miracle, autant s’assurer que mon entreprise marche à coup sûr. Et pour cela j’avais bien ma petite idée : le professeur Slughorn... Pourquoi n’y avais-je pas pensé plus tôt d’ailleurs ? J’avais entendu des bruits selon lesquels il aurait proposé de fabriquer un sérum du nom de Felix Felicis, aussi appelé la Chance liquide... Il fallait que je me l’approprie, d’une manière ou d’une autre, en le dérobant ou bien en trouvant un moyen de reproduire cette potion. Je pouvais également demander au professeur Snape, mais... Non, je préférais me débrouiller seul. A tous les coups ce dernier penserait que je ne peux pas me débrouiller seul, ou que sais-je encore. Si j’avais refusé son aide jusqu’à présent, ça n’était pas pour la lui demander à présent que le temps me rapprochait de plus en plus de l’issue fatidique qui attendait le monde des sorciers.

Mais pour l’instant il était tard, et il fallait que je sorte de cette salle si je ne voulais pas paraître louche. A vrai dire, mon absence était de plus en plus acceptée par les autres Serpentards, bien que jamais leurs éternelles questions ne disparaissaient de leur esprit. Mais que cette salle ne soit découverte était le premier de mes soucis, car sans elle tous mes projets tombaient à l’eau, et c’était sans compter sur les « découvertes » que l’on pourrait faire à partir de là si l’on venait à apprendre mes plans. Je laissais alors mon livre ici, n’en ayant plus besoin et préférant limiter les preuves compromettantes à mon égard. Au pire je n’aurais qu’à le faire apparaitre lorsque je reviendrais ici si je venais à en avoir à nouveau besoin. Je sortis alors de la salle qui disparut aussitôt derrière moi, et me dirigeais dans le couloir à présent seulement illuminé par les chandeliers qui flottaient dans les airs. Je m’arrêtais un instant auprès d’une fenêtre, promenant mon regard sur l’extérieur du château seulement illuminé, quoique faiblement, par la lueur de la lune. D’ailleurs, il me semblait qu’il s’était remis à neiger, remarquant quelques mouvements dans le ciel qui était toutefois bien trop sombre pour m’en donner la certitude.
Les mains dans les poches, je me laissais aller à cette contemplation, espérant que mes bien sombres pensées aussi tristes que fatalistes soient chassées de mon esprit. Mais visiblement en vain...

Je repris alors ma marche, et tournais à l’angle du couloir au moment-même où je percutais quelqu’un de plein fouet.

« On ne t’a jamais appris à regarder où tu marchais ?! » Lançais-je de ma voix trainante et profondément agacée que ma fatigue et ma tristesse ne faisaient que provoquer, à l’intention de la jeune fille qui avait déboulée à toute vitesse dans le couloir.

Et tiens donc, qui était-ce... Astoria Greengrass. En voilà une surprise...






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MessageSujet: Re: This is how I feel... [PV Astoria]   Dim 20 Mai 2012 - 13:13

7 Janvier 1996



Le ciel se faisait bien noir pour un début de matinée. Le temps était plus que capricieux en ce moment, mais disons que l’on avait guère le choix. Moi ainsi que le reste des sorciers résidant ici devions supporter ses températures extrêmement basses, de même que le vent qui s’abattait sur le château comme un ouragan emprunté de rage, sans parler de la neige qui ne cessait que rarement entre quelques averses de pluies qui la remplaçait au pied levé.
Je me levais de mon lit tant bien que mal, l motivation s’étant soudainement évaporé de mon corps en sentant cet air frais qui baignait la pièce où je dormais. Malgré tout, je posais les deux pieds par terre et me dirigeais vers la penderie, pris mon uniforme, et me dirigeais vers la salle de bain pour me laver. Une fois cela fait, je me maquillais, me coiffais et sortis prête à affronter le froid glacial de cet hiver plus ou moins magique. Les tensions s’étaient installées au fil des jours et je ne comprenais guère pourquoi était tendue comme une corde à linge alors qu’il n’y avait guère à craindre en ce moment. Du moins, c’est-ce que je pensais, même si je n’étais pas niaise et que je me doutais qu’il se tramait quelque chose sans vraiment savoir de quoi il en retournait.

Je pris le couloir principal, bondé de monde à cette heure du matin. Je me faufilais parmi la foule compacte et agitée. Les livres dans les bras, une longue cape verte émeraude en velours sur les épaules, j’avançai à travers cette population. Je soupirais de voir tant de monde ce matin. Je n’étais guère d’humeur à entendre les âneries des autres ou bien encore à devoir mon battre pour récupérer mon livre de botanique que quelqu’un m’aurait encore volé.
Non pas que je sois martyrisée ici, au contraire, c’est juste que les blagues c’était sympa, mais au bout d’un moment il y en a marre. Je me dirigeais vers ma salle de cours, je ne croisais personne que je connaissais, ou du moins, je n’y prêta pas attention. J’entrais en classe de botanique et suivis ce cours que j’aimais beaucoup avec attention. Disons que les plantes me passionnaient pour leurs différentes facettes, pas toutes très avouables, et pourtant si intéressantes. C’est ainsi que se passa ma journée, je suivais avec plus ou moins de passions les cours qui m’étaient imposés.

Mes cours se finissaient enfin et je décidais d’aller à la bibliothèque, histoire de lire un peu et de réviser quelques notions encore imparfaitement incomprises. Je pris un livre sur une étagère, un peu au hasard et tomba sur « Les pensées magiques, les dons mentaux et les emprises ». Je regardais la couverture avec attention.

*Je ne savais pas qu’ils avaient ce genre de choses ici.* pensais-je

Je m’asseyais à une table, seule, et commença à feuilleter le livre. Peut-être y parlerait-t-il du don d’empathie. Non pas que je ne le contrôlais pas, mais avoir au quotidien les émotions de chacun à l’intérieur de soi, c’était usant. Je lisais attentivement, essayant de tout suivre, de tout retenir pour m’approprier leurs conseils quand je lus ceci:

Qu’est-ce que l’empathie ?

L’empathie est la faculté de pouvoir ressentir les énergies et les pensées de tout ce qui nous entoure, que ce soit individus, êtres vivants ou lieux à un degré anormalement élevé. L’empathique va les ressentir comme s’il les vivaient lui-même, il est hypersensible et ressent les choses au plus profond de lui-même.

Quels problèmes sont causés par ce don ?

Cela peut tout simplement aller jusqu’à la perte d’identité, si l’empathique fait éponge et ne peut plus gérer tout ce qui l’entoure. Ce dernier peut se mettre à imiter, à vivre comme les autres, oubliant qui il est lui-même, allant parfois jusqu’à la folie.
Un empathique peut ressentir les pulsions vivantes jusqu’au plusieurs kilomètres à la ronde, il faut donc qu’il fasse attention à ses chakras, en fermant le plus possible son esprit par la biais de différentes méthode.

Comment gérer ce don ?

Il faut tout d’abord avoir une grande patience et une force de caractère qui permette l’utilisation et l’acceptation de ce don de manière quotidienne. Ensuite, pratiquer de la méditation le plus souvent possible. Enfin, il faut recentrer toutes ces émotions sur le chakras du cœur par le biais de cristaux ou de minéraux qui aident à cela comme: l’Apatite, la Moldavite ou encore le Quartz Rose astérié. Il faut éviter à trop forte dose le Kunzite qui peut renverser la tendance et renforcer la perception des mauvaises ondes. »


J’étais totalement absorbée. Il existait donc des moyens qui permettaient de vivre son don un peu plus facilement et de l’apprivoiser pour mieux s’en servir. Je refermais le bouquin, le remettant à sa place et sortis de la bibliothèque. Je voulais essayer de mettre tout ça en pratique. Par contre, je ne possédais aucunement un seule pierre citée dans le livre. Je réfléchissais et décidais, un peu à contre cœur, de devoir aller chercher quelques pierres dans la réserve minéralogique. J’arrivais donc devant la réserve. J’ouvris la porte qui n’était pas fermée à clefs et n’y trouvais personne. Je me mis à chercher les pierres qui m’intéressait, trouvant tout ce que je voulais, ne prenant que de petits éclats pour tester. Je sortis de la pièce sans me faire remarquer, remontais dans ma chambre et posais les pierres sur mon lit. Je pris un cordon en argent et accrochais toutes les pierres par un petit bout de métal argenté. Je mis le talisman autour de mon cou et respirais un grand coup.
Je m’installais par terre, un plein milieu de la pièce vide de monde, même si je sentais tout le remue-ménage à l’extérieur. J’essayais de me concentrer mais rien à faire il y avait trop de bruit. Je mis donc un bon quart d’heure avant de trouver un début de sérénité. Une fois que je fus un peu plus détendue, j’ouvris les yeux et j’avais une bonne impression, l’impression que le monde venait de changer, pas du tout au tout, mais qu’il était en pleine mutation.

Je me relevais et regardais ma montre, il était déjà tard. Très tard. Je devais aller faire un tour, j’en avais besoin histoire de tester la nouvelle dureté de mon cerveau fasse aux attaques extérieures. Je me doutais que les couloirs allaient être vide, mais ça ne changeait rien pour moi, monde ou pas, je sentais toujours quelque chose.
Je pris donc une veste en laine, sortis de ma chambre à pas de loups, enfilant mes ballerines à l’extérieur des lieux de repos, ne voulant pas réveillé les quelques endormis aux sommeils légers. Je marchais à pas feutrés dans les couloirs totalement désertés pas les élèves et j’étais calme, totalement calme. Je venais de faire s’échapper de moi toutes les mauvaises ondes de la journée, et sentais bien moins les vibrations chargées d’Histoire qui dégoulinaient des murs cristallisé par l’hiver glacial qui régnait en maitre. J’avançais assez rapidement pour ne pas avoir froid et alors que je tournais à droite pour emprunter un autre couloir, je percuta avec violence une autre personne.

Je fus à moitié projetée par terre, mon petit derrière s’écrasant sans ménagement contre le sol dur et froid. Je relevais la tête quand j’entendis une voix masculine me dire d’un air épuisé et déconcerté:

« -On ne t’a jamais appris à regarder où tu marchais ?! »

Drago Malefoy… Évidemment quand on ne veut as croiser le plus déprimés des hommes déprimants, on le croise. Je me relevai, époussetant rapidement ma jupe et lui lança sans même cherché à comprendre:

« -Primo, toi aussi tu aurais pu regarder où tu allais, et secondo tu me parles autrement, j’suis pas ton chien ! »

Et alors que je croyais que mon talisman et la séance de méditation allaient me protéger en grande partie des mauvaises ondes, j’eus la mauvaise surprise de sentir tout un flot de fatigue et de tristesse me submerger. Comment était-ce possible ? Je le savais bien sombre comme homme, mais à ce point là ?! En plus, il était particulièrement stressé. Mes nerfs se tendaient les uns après les autres, mon corps se mit à bouillonner et je crus que j’allais exploser sur place.
Je me sentais tellement mal, je ne comprenais pas comment il pouvait si bien dissimuler tant de ressentiments négatifs.

« -Tu…, commençais-je, l’esprit à moitié disloqué et le corps vibrant de malaise, Tu es sûr que ça va ? J’ai l’impression que tu es tendu ? » concluais-je en posant une main sur son épaule, le regardant droit dans les yeux.

C’était le moins qu’on puisse dire là. Espérons juste qu’il ne le prendrait pas mal. Mais ça, venant de sa part, c’était pas gagné…
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Drago Malefoy
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MessageSujet: Re: This is how I feel... [PV Astoria]   Jeu 31 Mai 2012 - 8:43

La neige tombait avec lenteur au-dehors dans un ballet silencieux qui conférait aux alentours une certaine sérénité. Mais ça n’était pas pour autant que le calme m’habitait, bien au contraire même. Je venais de comprendre que si je voulais avoir la moindre chance que mon entreprise se déroule parfaitement comme je l’avais prévu, il fallait que je puisse mettre la main sur cette potion. Elle représentait ma seule chance à présent que le temps s’écoulait dans ce sablier infernal qui me menait vers la mort si je ne trouvais aucun autre moyen de provoquer la mort de ce vieux fou de Dumbledore. Les mains dans les poches, appuyé contre l’encadrement de la fenêtre, je dirigeai mon regard vers la lune qui perçait difficilement derrière l’opacité des nuages, ses quelques rayons se reflétant sur la surface gelée du lac. J’avais toujours aimé particulièrement cette vue du château, mais toutefois ce moment-même elle m’indifférait étrangement. Plus rien ne parvenait à me toucher, j’avais l’impression que mon cœur s’était éteint à force de trop souffrir, de suffoquer dans ces abymes de la désillusion et de la fatalité. Même les fantômes de ce château devaient se sentir plus vivants que moi...
Je poussais un profond soupir, tournant la tête pour me décontracter les muscles des cervicales qui me faisaient un mal atroce, à force d’être passé des heures à travailler non seulement en classe, mais aussi devant ce bouquin de magie noire qui ne m’avait pas été d’une grande utilité au final.

Je regardais une dernière fois cette vue avant de baisser mon regard sur ma montre, constatant qu’il était temps pour moi de revenir dans les dortoirs, même si je n’en avais absolument pas l’envie. D’un autre côté je n’avais pas spécialement le choix : j’étais épuisé, las, énervé, et dans tous les cas je ne pourrais pas agir ce soir. Oh bien sûr j’aurais pu trouver un moyen de pénétrer dans le bureau de Slughorn dès à présent, mais je n’étais pas spécialement du genre à vouloir foncer tête baissé. Je préférais réfléchir intensément, trouver tous les moyens de minimiser les risques avant d’agir plutôt que de m’emballer et faire les choses de manière totalement absurde. Après tout, il n’y avait que le « Saint Potter » qui n’avait pas bien compris que la précipitation ne menait à rien. Et quand on regarde comment il a fini on ne peut que le confirmer. Ce sale prétentieux s’était tellement monté la tête avec ses succès qui ne tenaient rien d’autre qu’à de la chance que ça lui avait bien coûté la vie. Enfin, un séjour prolongé dans le monde du coma, pour être exact, bien que je ne donnais pas cher de sa peau. Il me fallait donc attendre ne serait-ce que jusqu’au lendemain avant de procéder, car je préférais à la rigueur avoir à perdre une journée d’action plutôt que de faire définitivement échouer une mission de si grande importance et ce de manière aussi stupide. Je n’avais pas droit à l’erreur...

Je détournai donc le regard de la fenêtre, et arpentai à nouveau le long couloir éclairé à la lueur des chandeliers accrochés aux murs. Les yeux dirigés vers le bas, perdus dans le vague, je reprenais ma marche en cogitant à nouveau sur mes différents moyens d’action qui s’offraient à moi. Après tout, il devait bien rester une ou deux fioles dans la réserve des potions, et la soirée était le meilleur moment pour agir, une fois que tout le monde serait couché. Pour cela je devais avant tout m’assurer qu’aucun élève ne soit en train d’arpenter les couloirs, mais si au pire on venait à me surprendre je pouvais toujours prétexter que je faisais purement et simplement mon travail de préfet, ayant entendu des pas dans les couloirs. Ça pouvait être une possibilité, effectivement... Je pouvais également essayer de trouver un moyen de pouvoir me dissimuler une fois que je pénètrerai dans la réserve, mais comment ? Dommage que ce satané balafré n’ait pas laissé sa maudite cape d’invisibilité, pour le coup elle m’aurait été bien utile... A moins que je puisse trouver une potion qui agirait suffisamment longtemps pour pouvoir me laisser le temps d’agir ? Oui, je pourrais toujours aller flâner dans la bibli...

Un coup violent me tira soudain de ma réflexion, alors que je venais de percuter de plein fouet au détour du couloir une personne qui marchait à vive allure. Je pestais alors de colère à laquelle ma fatigue ne venait que renforcer ce ton tranchant que je prenais lorsque je m’exclamais :

« On ne t’a jamais appris à regarder où tu marchais ?! »

Tiens donc. Et en plus il fallait que je tombe sur la sœur de Daphné. Il fallait bien croire qu’aujourd’hui était mon jour de chance décidément. Bien entendu, ceci est parfaitement ironique, ne pouvant pas supporter cette gamine qui se prenait pour je-ne-sais-qui. Nos regards se croisèrent alors lorsque celle-ci se redressa, avant d’épousseter rapidement sa jupe et de répliquer que j’aurais également pu regarder où j’allais, avant d’ajouter de parler tout autrement car elle n’était pas un chien. Je lui lançai alors un regard des plus noirs, les lèvres pincées, avant de lâcher un soupir profondément agacé, n’en pouvant plus de cette journée interminable et plus que déprimante. Je m’apprêtais alors à partir, chose qui ne me ressemblait absolument pas pour la simple et bonne raison que d’habitude je ne pouvais pas tolérer la moindre remarque que l’on osait me faire, désirant toujours avoir le dernier mot pour faire comprendre à l’autre qu’il n’aurait jamais le dessus sur moi. Toutefois ce soir je n’en avais plus la force, ce qui n’était pas peu dire. Je commençais alors à m’écarter, avant qu’une main se pose sur mon épaule, m’interrompant subitement dans mon geste. Je levais alors mon regard empreint d’une lueur de défis et tout autant d’intrigue, ne comprenant pas ce qu’elle me voulait. C’est alors que la Serpentard me demanda, à ma plus grande surprise, si j’étais sûr que tout allait bien, celle-ci ayant la sensation que j’étais à bout de nerfs. Oui, ça n’était pas peu dire... Pour autant comment pouvait-elle sentir ce genre de chose, moi qui prenais constamment sur moi pour ne rien montrer de mes ressentiments ? En même temps nul n’était sans savoir que je n’aurais loupé aucune remarque désobligeante si quelque chose me déplaisait, ce que je n’avais pourtant pas fais il y a quelques secondes. Ça n’était que de la déduction de sa part, rien de plus... D’un autre côté pourquoi semblait-elle aussi étrange, aussi... affectée par ce que je pouvais ressentir ?

Instinctivement, je me mis aussitôt sur la défensive, lui lançant un regard noir tandis que je dégageai sèchement mon épaule de sa main.

« A quoi tu joues-là ? » Lançais-je sèchement, ne voulant pas montrer combien je me sentais soudainement déstabilisé.

« Qu’est-ce que cela peut te faire de toute manière ? » Ajoutais-je, perdu par cet air étrange qu’elle affichait. C’était comme si... elle essayait de lire en moi.






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MessageSujet: Re: This is how I feel... [PV Astoria]   Lun 11 Juin 2012 - 14:05

7 Janvier 1996


Qu’est-ce que l’empathie ?

L’empathie est la faculté de pouvoir ressentir les énergies et les pensées de tout ce qui nous entoure, que ce soit individus, êtres vivants ou lieux à un degré anormalement élevé. L’empathique va les ressentir comme s’il les vivaient lui-même, il est hypersensible et ressent les choses au plus profond de lui-même.

Quels problèmes sont causés par ce don ?

Cela peut tout simplement aller jusqu’à la perte d’identité, si l’empathique fait éponge et ne peut plus gérer tout ce qui l’entoure. Ce dernier peut se mettre à imiter, à vivre comme les autres, oubliant qui il est lui-même, allant parfois jusqu’à la folie.
Un empathique peut ressentir les pulsions vivantes jusqu’au plusieurs kilomètres à la ronde, il faut donc qu’il fasse attention à ses chakras, en fermant le plus possible son esprit par la biais de différentes méthode.

Comment gérer ce don ?


Il faut tout d’abord avoir une grande patience et une force de caractère qui permette l’utilisation et l’acceptation de ce don de manière quotidienne. Ensuite, pratiquer de la méditation le plus souvent possible. Enfin, il faut recentrer toutes ces émotions sur le chakras du cœur par le biais de cristaux ou de minéraux qui aident à cela comme: l’Apatite, la Moldavite ou encore le Quartz Rose astérié. Il faut éviter à trop forte dose le Kunzite qui peut renverser la tendance et renforcer la perception des mauvaises ondes.


Je venais de faire une grande découverte, qui aux yeux des autres pourraient paraître insignifiante, et pourtant, elle allait me changer la vie. Mon don était quelque chose que je n’avais jamais supporter, que j’avais toujours caché, ayant trop peur, surtout parce que ce n’était pas quelque chose qui à mes yeux était contrôlable. Pourtant, je venais de lire totalement le contraire et cela me redonnais un immense espoir, malgré tout, je ne pensais guère que cela viendrait d’un coup, il faudrait encore et toujours du travail pour dompter ce qui m’avait été donné depuis toujours.
Je reposais le livre à sa place, puis sortit de la bibliothèque avec une idée fixe, je devais me procurer les pierres qui protègeraient, qui me soulageraient de cette douleur incessante que me causait le monde qui m’entourait sans pour autant le savoir.
Je me dirigeais donc vers la réserve, où je volais rapidement quelques extraits de pierre qui me serviraient à m’immuniser un temps soit peu de ce mal qui me rongeait. J’en sortis hâtivement, ne voulant pas me faire attraper et me dirigeais dans ma chambre, une fois installé, j’attachais tout ce que j’avais récupéré sur un petit cordon qui ne m’avais jamais servi à rien puis l’accrocha autour de mon cou. Je m’asseyais par terre, fermant les yeux, me concentrant sur mon intérieur, voulant faire le vide là où je n’avais senti qu’un grand trouble effervescent à la vitesse de la vie qui évoluait à mes côtés, me piétinant à mon intimité.
Le bruit était présent, trop présent pour que je parvienne à me concentrer rapidement, malgré tout, je ne lâchais rien, m’accrochant à ce faible espoir de pouvoir retrouver la paix en moi, celle-ci même qui me permettrait peut-être de me retrouver, de redevenir celle que je n’avais jamais été, une personne plus douce, plus calme qui la fille impulsive voire sanguine que j’étais à cet instant.

La sérénité semblait regagner mon être sans cesse déchiré entre le monde et moi. J’ouvris les yeux un peu plus tard, me sentant libérée d’un lourd poids même s’il me restait toujours quelque chose sur l’estomac qui me disait que rien n’était fini.
Je regardais l’heure, me rendait compte qu’il était déjà bien tard. Je me levais, décidant d’aller me promener un peu dans les couloirs pour tester mon nouveau calme, peut-être trop jeune pour résister bien longtemps, mais ça ne coutait rien d’essayer, je n’étais plus à ça près. Après tout, je savais maintenant comment faire pour me calmer, j’allais donc profiter de cette nouvelle renaissance pour abuser peut-être un peu trop de cet apaisement passager.

Je pris une veste en laine, mes ballerines à la main, sortant de ma chambre sur la pointe des pieds, ne voulant pas être entendu de ce qui dormaient ou non, et une fois sortis de là, j’enfilais mes petites chaussures, longeant les murs du bâtiment dont je sentais encore le cœur battre en moi.
Malgré tout, leur impulsion n’était plus celle d’il y a quelques instants, je me sentais presque maître de moi-même dans un corps qui n’avait jamais vraiment été le mien, ne possédant vraiment rien de ce qui était censé être en ma possession. Tout m’avait toujours possédé, et je n’avais jamais possédé quelque chose.
J’avais pourtant l’impression que tout cela était révolu. Que plus rien ne pourrait rendre le pas sur moi, même si après tout, demain matin tout cela ne serait peut-être que du passé. Je vivais dans un présent hypothétique, faisant de mon futur un pont aussi instable que mon peut-être, qui malgré son aspect fin et pourtant si fort par mon sale caractère n’en était vraiment rien. Au fond, je savais bien moi-même que la femme que j’étais vraiment avait toujours été engloutie sous ce mur que je m’étais inlassablement imposé pour ne pas m’écrouler sous le poids des autres.

Je marchais à pas assez rapide, ne voulant pas attraper froid dans ces couloirs âgés et glacials. Alors que je tournais à un angle, je percuta quelqu’un, ce qui me fit tomber avec violence au sol. Je ne retins de lâcher un juron, bien prise au dépourvu dans mes pensées qui pour une fois m’appartenaient complètement.
Je relevais la tête et entendis la voix de l’homme que je venais de percuter gronder:

« -On ne t’a jamais appris à regarder où tu marchais ?! »

Drago Malefoy. J’étais vraiment poisseuse dis donc. Je me relevais avant de lui lancer:

« -Primo, toi aussi tu aurais pu regarder où tu allais, et secondo tu me parles autrement, j’suis pas ton chien ! »

C’est alors que me sentant maître de mon corps, je le sentis se remplir à toute vitesse d’une sorte de violence, de haine et d’épuisement aussi inattendue qu’incontrôlable. Je me sentais tout à coup mal, alors que j’avais profiter bien peu de temps d’un apaisement passager. Comment pouvait-il être aussi… Malade intérieurement ? Je n’en revenais pas, je l’avais déjà senti bien triste, mais là, ça dépassait toutes mes croyances. Cela me faisait presque plus mal que ce que j’avais toujours ressenti. J’avais l’impression d’imploser.

« -Tu…, commençais-je, l’esprit à moitié disloqué et le corps vibrant de malaise, Tu es sûr que ça va ? J’ai l’impression que tu es tendu ? » concluais-je en posant une main sur son épaule, le regardant droit dans les yeux.

Évidemment, son étonnement fut tel, que comme tous les autres il me rejeta violemment, alors que j’étais certainement là seule à pouvoir sentir ce qui bouillonnait en lui.
Il dégagea ma main de son épaule avant de me lancer sèchement:

« A quoi tu joues-là ? »


Je le regardais sincèrement, ne pouvant plus contenir tout cela. J’allais pleurer tellement j’avais mal, mal de sa souffrance. Mais je ne pouvais pas, pas devant lui.

« Qu’est-ce que cela peut te faire de toute manière ? »


Me croyait-il ? J’en doutais fort. Et puis, je ne pouvais pas lui balancer l’historie de mon don comme ça, il ne me croirait jamais.
Je sortis mon talisman de dessous mon haut, et le serra fort entre mes deux mains. Je devais me contrôler, sinon, ça allait mal aller. Je soupirais d’un malaise presque aussi grand que mon cœur mourrait.

« Je sais ce que tu ressens, je ne le sais que trop bien. Et crois-moi, ça ne m’amuse guère d’être comme toi. Ne te braque pas comme ça, je ne vais pas te tuer ou te balancer à tout le monde. J’en ai rien à faire de ce que les autres peuvent penser de toi, je suis presque certaine qu’il ignore tout ce que tu caches en toi.
Si j’étais toi, j’arrêterai de me ronger comme ça. Je ne sais pas ce qui te met comme ça, mais ça doit être bien plus important que ta propre vie… »



Je le regardais droit dans les yeux, ayant lâcher mon talisman d’entre mes mains, ayant regagner une petite partie d’apaisement, mais qui fut bien vite assaillit par l’ennemi de son âme aussi noire que le ciel de cette nuit.
Mes yeux luisaient de malaise mais je ne voulais pas l’importuné, mais plutôt l’aider.

« Tu sais… Je… Je ressens mieux que quiconque ici les sentiments des autres, alors, ne reste pas comme ça, c’est un petit conseil… Crois-moi si tu veux, mais je ressens bien plus de choses que ce que tu ne peux l’imaginer. »

Je laissais mes yeux dans les siens, m’imprégnant un peu plus de son malaise.
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Drago Malefoy
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MessageSujet: Re: This is how I feel... [PV Astoria]   Sam 16 Juin 2012 - 16:17

Un violent choc au détour d’un couloir m’extirpa brutalement de mes pensées ténébreuses. Mon regard se posant instantanément sur la personne qui venait de me percuter de plein fouet, je reconnus immédiatement la sœur de Daphné, Astoria. Et autant dire que, réciproquement, je ne la portais pas dans mon cœur. Elle n’était pas non plus ce que je qualifiais d’ennemie ou que sais-je encore puisqu’elle ne cherchait pas particulièrement à s’imposer ou quoi que ce soit, mais parce que son caractère pour le moins explosif m’irritait particulièrement. Bien entendu, je ne pouvais non plus dire que sa sœur était tout ce qu’il y avait de plus calme, mais au moins celle-ci savait se tempérer à temps face à moi, évitant toute provocation. Néanmoins ça n’était absolument pas le cas de sa sœur qui avait, je devais bien l’avouer, un caractère aussi détonnant que le mien, ce pourquoi nous avions particulièrement du mal à échanger le moindre mot sans que je ne me mette hors de moi-même. Et il fallait en plus que je tombe sur elle ce soir où j’étais au bord de la crise de nerf... Je n’en pouvais absolument plus, et malheureusement pour elle, elle n’allait plus tarder à en faire les frais.

Je lui lâchai alors sur un ton des plus agacé et cassant si personne ne lui avait encore jamais appris à regarder où elle marchait au lieu de courir dans les couloirs comme une perdue.
Astoria se releva alors et, époussetant au passage ses vêtements salis dans sa chute, me toisa d’un air capricieux tout en répliquant du tac-au-tac qu’en premier temps j’aurai également pu en faire de même, avant d’ajouter que j’avais tout intérêt à lui parler autrement que si elle était mon chien. Je lâchais un soupir de colère tout en croisant les bras devant mon torse, la toisant d’un air des plus méprisants. Néanmoins, je ne savais pas si ma rage était aussi manifeste que d’accoutumée, sentant mo, visage orné de cernes me tirer depuis le temps où je n’avais absolument plus fermé l’œil.

« Parce que tu penses ne serait-ce que deux secondes pouvoir me donner un ordre, c’est cela ? » Répliquais-je sur un ton des plus mauvais.

Toutefois, Astoria demeura silencieuse, son visage devenant plus blême l’espace de quelques secondes, comme si elle venait d’être prise d’un vertige. Je la regardais, perplexe, fronçant légèrement les sourcils. Il ne manquerait plus qu’elle fasse un malaise... Sœur de Daphné ou pas, si tel était le cas je n’allais pas la ramener à l’infirmerie en tout cas, je n’en avais rien à faire ! Cependant, je n’eus pas le temps de l’interroger sur ce qui ne tournait pas rond chez elle, que d’une voix tremblante la Serpentard me demanda si j’allais bien, ayant soi-disant l’impression que j’étais tendue, tout en posant sa main sur mon épaule.
J’écarquillai brièvement les yeux, perdu par ce soudain semblant de préoccupation aussi étrange que mal venu de sa part envers moi-même. Je dégageai aussitôt mon épaule de sa main dans un geste sec, lui demandant sur un ton hargneux :

« A quoi tu joues-là ? Qu’est-ce que cela peut te faire de toute manière ? »

Mais à vrai dire, cette colère était plus une feinte qu’autre chose. Non pas que je n’en éprouvais plus à son égard ce qui était loin d’être le cas, mais parce que j’étais surtout abasourdi par son brusque changement de comportement. Il y avait quelques secondes à peine nous étions prêt une nouvelle fois à nous sauter à la gorge, et voilà qu’à présent elle demandait de mes nouvelles ! C’était cela ne s’appelait pas se moquer de la face du monde, alors je ne m’y connaissais pas.
Dans un geste, je la vis sortir un pendentif duquel une pierre était accrochée, et la serrer dans la paume de ses mains devenue légèrement tremblantes devant son malaise soudain. Et là, contre toute attente, elle prononça ces paroles qui me prirent instantanément de cour. Soi-disant qu’elle savait parfaitement ce que je ressentais, mais que d’être « comme moi » n’était pas une partie de plaisir non plus pour elle, phrase dont je ne compris absolument pas le sens. Comment voulait-elle me ressembler ? Jamais je ne serai comme elle ni comme personne d’autre. Et si elle croyait ne serait-ce qu’une seule seconde pouvoir être à ma hauteur, elle se fourrait le doigt dans l’œil jusque dans la moelle ! Elle ajouta également que je n’avais pas à me braquer face à elle, car nul ne saurait ce que je ressentais réellement au fond de moi-même, ignorant déjà tout de ce que je cachais en mon for intérieur. Comme si elle pouvait savoir ce genre de choses, comme si elle pouvait me comprendre alors que nous ne nous connaissions même pas réellement... Toutefois je ne l’interrompus pas, l’écoutant poursuivre avec une sorte d’inquiétude, lorsqu’elle ajouta que si elle était à ma place elle cesserait de se faire autant de mal. Mais ses dernières paroles furent celles qui me déstabilisèrent le plus : elle se disait ignorer ce qui me rendait aussi malade, mais elle était au moins sûre d’une chose, c’est que la raison était bien plus importante que ma seule vie.

Sentant mon cœur prendre un battement bien plus rapide et surtout douloureux, j’entrouverts légèrement les lèvres, manquant d’air. Qu’est-ce qu’elle me racontait là ? Comment pouvait-elle savoir ce genre de choses ? Avait-elle le don de l’occlumencie tout comme moi ? Non, j’étais sûr du contraire car, après tout, je l’aurai senti fouiller dans mon esprit si tel avait été le cas. Je savais maîtriser cette capacité que j’avais, alors si jamais elle l’aurait utilisé contre moi-même je l’aurais aussi sentie et serais parvenu à bloquer son intrusion.
Son regard était fixement rivé dans l’océan gris et tourmenté du mien, tandis que je déglutis pour reprendre mes esprits.

« Que... Qu’est-ce que tu racontes ? Je ne vois même pas de quoi tu parles. »

Mensonge... Sentant mes mains légèrement trembler tellement je me sentais perdu en ce moment-même je les mis aussitôt dans mes poches, dissimulant mon malaise, me sentant presque pris au piège. Là, Astoria me dit qu’elle ressentait mieux que quiconque les émotions d’autrui, avant d’ajouter que je ne devais pas rester dans l’état actuel, ses yeux restant toujours plongés dans les miens.
Je lâchais un soupir, égaré, avant de passer une main sur mon visage blanc comme la mort.

« Ok... Alors je ne sais pas de quoi tu parles, mais admettons que je te crois et que je gobe cette histoire. Comment pourrais-tu savoir ce que je ressens ? Car je préfère te le dire tout de suite : tu es complètement à côté de la plaque. Je me sens très bien, et quand bien même ça ne serait pas le cas je ne vois pas en quoi cela pourrait t’intéresser. »

Néanmoins, un violent vertige me pris soudainement de cour. Depuis combien de temps n’avais-je ni fermé l’œil, ni même mangé quoi que ce soit ? Je n’en avais pas la moindre idée. Entre mes rondes nocturnes que m’imposait mon devoir de Préfet et surtout le temps considérable que je passais à me torturer pour trouver un moyen d’accomplir ma mission, je n’avais plus le temps de prendre une seconde ne serait-ce que pour moi-même. Les seuls moments où je pouvais penser à autre chose étaient lorsque j’étais auprès de Daphné, encore que là aussi mon apaisement n’était qu’éphémère. Même avec elle je n’arrivais pas à faire le vide dans mon esprit tourmenté comme celui d’un damné, devant cacher à tous non seulement celui que j’étais devenu, mais aussi ma peur terrible de voir mes jours et ceux de ma famille être bientôt réduits à néant si je ne parvenais pas à mes fins en accomplissant les exigences du Seigneur des Ténèbres.






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MessageSujet: Re: This is how I feel... [PV Astoria]   Lun 18 Juin 2012 - 15:19

Rêverie… C’est un mal pour un bien qui consiste à nous éloigner de la réalité pour mieux y revenir, mais des fois seul l’inverse se produit. Ne plus jamais revenir de ce monde idyllique que nous créé nos pensées
C’est bien ce qu’il m’arrivait à cet instant. Je ne voulais plus partir de ce monde que m’offrait mes pensées pour une fois libre. Mais un violent choc me remit dans le monde réel. Celui où le froid glacial de l’hiver régnait en maître sur les sentiments gens, les rendant incessibles, presque frigorifiés eux-mêmes. Je tombais au sol, m’écrasant avec violence contre le plancher amèrement froid des couloirs. Je relevais la tête quand j’entendis un homme me dire s’il on m’avait déjà appris à regarder où je marchais. Et là, à ma plus grande stupéfaction, je vis Malefoy, plus décrépit que jamais.
Je me redressais, époussetant mes vêtements et lui dis d’un voix toujours aussi insolente qu’à mon habitude:

« -Primo, toi aussi tu aurais pu regarder où tu allais, et secondo tu me parles autrement, j’suis pas ton chien ! »

Je n’allais tout de même m’écraser devant lui. Il avait beau être l’amoureux de ma sœur, je n’allais pas lui faire de cadeaux s’il…
Une horrible sensation amère m’envahissait alors que je réfléchissait à toutes les méchanceté que j’aurai pu lui balancer. Mon talisman ne semblait pas faire assez effet face à cet vague d’énergie mauvaise, toutes les vibrations intérieures qu’elle me procurait me donnait la nausée, j’avais l’impression que j’allais tomber d’un moment à l’autre.

« Parce que tu penses ne serait-ce que deux secondes pouvoir me donner un ordre, c’est cela ? » m’avait-il dit alors que l’écœurement faisait son chemin en moi, me rendant presque aussi vide qu’une morte.

Comment pouvait-on rester ainsi sans rien dire, sans rien faire pour se sortir de cette torpeur ?! Je n’en savais rien mais je verrai Drago d’un autre œil maintenant. Je ne pouvais pas comprendre que l’on puisse rester à ce point naturel alors que votre intérieur bouillonne comme le sien.

« -Tu…, commençais-je, l’esprit à moitié disloqué et le corps vibrant de malaise, Tu es sûr que ça va ? J’ai l’impression que tu es tendu ? » concluais-je en posant une main sur son épaule, le regardant droit dans les yeux.


Je le regardai et vis dans ces yeux, une seconde peut-être moins, l’étonnement d’être pris à découvert comme un livre lâchement laissé à l’abandon. Malgré tout, ces mauvaises habitudes reprirent rapidement le dessus. Et alors que je voulais juste l’aider, lui faire savoir qu’il n’était pas seul, il me rembarrait d’un air méprisant:

« A quoi tu joues-là ? Qu’est-ce que cela peut te faire de toute manière ? »

Je continuais de laisser mes yeux dans les siens, les miens lui communiquant seulement toute la sincérité dont je faisais preuve à son égard à cet instant même. Mais rien à faire, il s’obstinait à ne pas me croire.
À cet instant je compris que la partie allait être complexe à jouer et qu’il avait beaucoup de cartes en main que moi. Malgré tout, je décidais de jouer franc jeu jusqu’au bout, quitte à lui balancer la vérité, après tout, ça changerait quoi ?!
Je pris mon talisman entre mes mains, le serran fort, espérant intérieurement qu’il m’aiderait à m’apaiser même si je savais qu’en restant si près de la source de cette douleur, mes espoirs resteraient vains.

« Je sais ce que tu ressens, je ne le sais que trop bien. Et crois-moi, ça ne m’amuse guère d’être comme toi. Ne te braque pas comme ça, je ne vais pas te tuer ou te balancer à tout le monde. J’en ai rien à faire de ce que les autres peuvent penser de toi, je suis presque certaine qu’il ignore tout ce que tu caches en toi.
Si j’étais toi, j’arrêterai de me ronger comme ça. Je ne sais pas ce qui te met comme ça, mais ça doit être bien plus important que ta propre vie… »


Mais il s’acharnait à rester cloitrer au fond de lui-même et de cette peine qui le rongeait violemment et avec plaisir. Il me répondit, un air presque incertain au fond de sa voix qu’il essayait tant bien que mal de camoufler:

« Que... Qu’est-ce que tu racontes ? Je ne vois même pas de quoi tu parles. »

Je lâchais le talisman, qui retomba contre ma poitrine. Je sentais un apaisement presque fictif m’envahir quelques instants, m’aidant à regagner un peu mes esprits. Je décidais de continuer:

« Tu sais… Je… Je ressens mieux que quiconque ici les sentiments des autres, alors, ne reste pas comme ça, c’est un petit conseil… Crois-moi si tu veux, mais je ressens bien plus de choses que ce que tu ne peux l’imaginer. »

Je le vis mettre ses mains dans ses poches. Il tremblait, il voulait se cacher, mais je n’étais pas dupe, je sentais le moindre haussement de cœur chez lui, alors il n’allait pas m’avoir si facilement. Malgré tout, il continuait:

« Ok... Alors je ne sais pas de quoi tu parles, mais admettons que je te crois et que je gobe cette histoire. Comment pourrais-tu savoir ce que je ressens ? Car je préfère te le dire tout de suite : tu es complètement à côté de la plaque. Je me sens très bien, et quand bien même ça ne serait pas le cas je ne vois pas en quoi cela pourrait t’intéresser. »

Je lâchais un profond soupir, bien consciente qu’il ne lâcherait rien. Mais je m’acharnerai jusqu’à ce qu’il me lâche quelque chose, peu importe quoi, du temps qu’il sortait cette peine du fond de son cœur. Sinon, il allait rendre la moitié du monde malade dans l’état où il était. Bon, effectivement, j’étais la seule qui devait pouvoir ressentir ce qui se passait en lui, mais tout de même.

« Tu sais très bien que je ne suis pas à côté de la plaque. Je le sens, je sens tout ce qui t’habite et je sais que cette peine est en train de t’enfouir six pieds sous terre sans que tu puisses rien faire même si tu cours après ta liberté. Je ne sais pas ce qu’Est-ce problème qui te fait tant de mal. Mais ne me dis pas que j’ai tord, j’ai totalement raison, tu le sais toi-même mais tu es trop renfermé sur toi pour osé montrer ne serait-ce qu’un semblant de faiblesse chez toi. »

Je m’arrêtais un instant, attendant une réaction ou qu’importe. Je repris plongeant cette fois un regard profondément sérieux et inquisiteur dans le sien.

« Arrête de faire comme si il n’y avait rien. Ma sœur est là pour toi, ouvre-toi à elle si tu ne veux pas le faire à moi, ce qui serait tout à fait logique car tu n’a jamais pu m’encadrer et inversement proportionnel. Mais tout de même, j’aimerai juste que tu avoues qu’il y a un truc qui cloche, que tu l’accepte toi-même, ça t’aidera peut-être à résoudre le problème qui te préoccupe tant. »

Je voyais bien qu’il voulait protester, mais je décidais de l’achever avant même qu’il ne pusse me prouver le contraire par a + b.

« Ne me dis pas que j’ai tord, j’ai le don d’empathie et je sais mieux que quiconque ce que ressens chacune des personnes qui à poser les pieds ici. Alors arrête de te mentir et de mentir aux autres, peut-être que tu iras mieux. »

J’étais hors de moi presque totalement épuisée de lui avoir tant expliquer alors que mon être se plie de souffrances. Mais je devais le faire, il n’y avait pas de raison qui me poussait à ne rien faire. Il était comme les autres, il pouvait aussi avoir besoin d’aide ou même de se prouver à lui-même qu’il avait des faiblesses. Maintenant à lui de faire un choix: souffrir en silence ou n’avouer ne serait-ce qu’une petite partie de ces faiblesses qui le faisait mourir à petit feu.
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MessageSujet: Re: This is how I feel... [PV Astoria]   Jeu 21 Juin 2012 - 18:38

J’étais sur la défensive bien plus encore que je n’avais pu l’être jusqu’à présent, même lorsque Daphné avait compris quel était ce sombre dessein qui m’animait, lorsqu’elle avait découvert la vérité sur ce que je devais faire pour sauver ma vie et celle de mes proches. Mais dans le cas d’Astoria, les choses étaient différentes, tout d’abord parce que nous étions tous deux comme chien et chat, et parce que mes sentiments envers cette dernière étaient radicalement différents de ce que j’éprouvais pour sa sœur. Pourtant, à sa manière de me dévisager et au regard qu’elle me portait à cet instant même, ça n’était pas de la haine ou le mépris habituel que je voyais chez elle à mon égard, mais une sorte d’impression réellement étrange et inexplicable : celle de... la compréhension ? Non, c’était parfaitement stupide. Comment cette fille qui me détestait, que je trouvais entre autre fort pathétique et insupportable, avec qui je n’avais même jamais véritablement échangé le moindre mot si ça n’était que pour s’envoyer sur les roses pouvait prétendre pouvoir me comprendre ? Qui plus est alors que je dissimulais à tel point mes sentiments que même mes proches ne parvenaient pas à me comprendre ?

Je la vis prendre une pierre accrochée en pendentif dans ses mains et le serrer comme si cet objet lui était soudain devenu vital. Perdu, je tentais toutefois de garder la tête haute quand bien même je me sentais pâlir bien plus encore que d’accoutumée au fur et à mesure que ses paroles sortaient de sa bouche dans une certitude déboussolante. Comment pouvait-elle prétendre être « comme moi » alors qu’elle ne savait pas qui j’étais ni ce que j’endurais, alors même que l’un comme l’autre ne s’était jamais préoccupé de son sort ? Le pire dans tout cela était que je ressentais toujours cette sorte d’antipathie entre nous, mais pour autant elle semblait sincère dans ses mots. Pour autant j’étais certain qu’elle n’avait rien à faire de mon sort, alors pourquoi autant insister ? Ou était-ce simplement que des pures hypothèses de sa part ? Une sorte d’intuition venue de je ne sais où ou bien encore des bobards qui, sans qu’elle ne le sache, étaient pourtant fort semblables à la réalité. Non, semblable n’était pas le mot approprié. C’était la stricte réalité... Alors je tentais de nier, encore et toujours, ma voix tremblant légèrement toutefois au fur et à mesure qu’elle continuait tout comme mes mains que je mettais dans mes poches pour dissimuler mon soudain malaise.

Je n’arrivais pas à la croire, ou plutôt je ne voulais pas la croire. Comment pouvait-elle savoir tout cela si elle ne possédait pas quelque chose de particulier, un don ou je ne sais quoi qui pouvait lui permettre d’autant me cerner ? Et d’ailleurs pourquoi le faisait-elle, quel intérêt ? Certainement aucun, elle ne devait pas avoir le choix car cela m’étonnerait qu’au point où nous ne nous supportions elle désire réellement me comprendre. Pourtant c’était bel et bien ce qu’elle faisait à cet instant-même, alors que j’essayais de barricader mon esprit à double-tour si elle parvenait à le pénétrer par je ne sais quel maléfice. Mais ça n’était toujours pas le cas, non...

« Ok... Alors je ne sais pas de quoi tu parles, mais admettons que je te crois et que je gobe cette histoire. Comment pourrais-tu savoir ce que je ressens ? Car je préfère te le dire tout de suite : tu es complètement à côté de la plaque. Je me sens très bien, et quand bien même ça ne serait pas le cas je ne vois pas en quoi cela pourrait t’intéresser. » Continuais-je, préférant nier ce qui paraissait pourtant n’être rien de moins qu’une évidence.

Astoria lâcha alors un profond soupir, se rendant compte sans aucun doute que le combat serait perdu d’avance, qu’elle ne saurait strictement rien car non seulement elle était à mes yeux la dernière personne à laquelle je souhaitais me confier, mais qui plus est car ma vie entière dépendait de mon silence, et je n’allais certainement pas tout gâcher pour elle, alors qu’elle ne me respectait même pas. Toutefois, elle semblait décidément aussi butée que je pouvais l’être, et sans lâcher le morceau elle maintenait qu’elle ne se trompait pas, ajoutant qu’elle ressentait non seulement elle-même ce que ce combat immonde et atroce que je menais au fond de moi-même, mais également que cela courait tout bonnement à perte même si je tentais de tout faire pour me battre. Mais visiblement cela semblait être perdu d’avance...
Et certes, j’étais bien trop renfermé pour vouloir montrer mes faiblesses, mais avais-je déjà eu le choix que d’agir de la sorte ? Non, et ce depuis que je suis né. Ma vie entière avait été bercée de mensonges, tandis que je vivais dans ce monde d’apparences, de faux-semblants et de bienséance qui m’étouffaient. Mais je ne m’étais jamais plains, non seulement parce que je n’avais pas le choix, mais parce que ce monde de pure mondanité me fasciné tout autant qu’il m’emprisonnait et ne me laissait, au fond, pas le moindre espace de liberté. Mais tant pis, je devais le faire pour mon nom, pour ma famille, et pour la fierté de mon père.

Un silence s’installa un instant entre nous, avant qu’Astoria ne plonge à nouveau son regard intrigué et déterminé dans le mien, avant de reprendre, commençant par me dire que je devais cesser ce manège, cesser de prétendre que tout était parfait dans le plus merveilleux des mondes alors qu’elle savait ô combien ça n’était pas le bonheur qui m’animait mais une détresse sans pareille, et sans limites. Elle osa même jusqu’à me dire que si je ne voulais pas lui parler, je le devais bien à sa sœur, tout en sachant que parler pourrait m’être salvateur et résoudrait une partie des problèmes. Et sans me laisser le temps de lui répondre quoi que ce soit, la Serpentard m’expliqua enfin qu’elle possédait ce don d’empathie, ce qui clarifia de suite bien des choses. Il ne manquait plus que cela franchement...

Aussitôt, la tournure de mes paroles se fit dure, mais pour autant le ton sur lequel je les prononçais était non pas mal assuré mais plus aussi colérique qu’il y a quelques minutes à peine. La vérité était que j’étais totalement déstabilisé, perdu, et que je ne savais absolument plus comment réagir face à elle, chose qui ne m’était absolument jamais arrivé jusqu’à présent où je parvenais toujours à garder ma dignité malgré les épreuves. Mais face à elle et à ce je ne sais quoi qui faisait qu’elle lisait presque en moi comme dans un livre ouvert, je réalisais que lui mentir serait non seulement stupide mais, en plus, ne servirait strictement à rien.

« Pourquoi est-ce que je te parlerai ? Je sais que ta sœur est là, tu n’as pas besoin de me l’apprendre. Mais pour ce qui est de ce que je ressens réellement que veux-tu que je te dise ? Que oui je vais mal, que je me tue de l’intérieur ? C’est ça que tu veux entendre ? Et bien tu as gagné, voilà, tu as raison ! Et après, en quoi est-ce que cela peut bien t’avancer de le savoir ? Car tu ne sais absolument pas ce que je vis, tu ne peux même pas le supposer, et je peux te garantir que non seulement même si je le désirais je ne pourrais pas dire un mot, mais que de toute manière cela ne servirait à rien car les choses sont bien plus complexes que tu peux le croire. »

Je lâchais un soupir épuisé, fermant un instant les yeux en hochant la tête, avant de reprendre sur un ton rendu calme par ma fatigue et parce que je n’avais plus la force de toute manière de me mettre en colère, chose fort rare mais qui montrait à quel point j’étais épuisé.

« C’est pour cela que tu veux que je te parle, pour que ce que tu ressentes s’évanouisse une fois mon mal-être disparu ? Parce que je ne vois absolument pas en quoi résoudre mes problèmes pourrait t’importer. A moins que ce soit pour te donner bonne conscience. En tout cas je suis désolé de te décevoir mais il n’y a rien à faire pour moi, alors si tu veux pouvoir te sentir bien oublie-moi. Il n’y a aucune autre solution. »

Je marquais une nouvelle pause, baissant brièvement la tête avant d’ajouter, les yeux rougis par l’épuisement le plus total qui me possédait et cette émotion qu’était à présent la tristesse et qui me terrassait mais que je ne cherchais plus à nier, si ça n’était qu’à la contenir pour garder un minimum de dignité. C’était la seule chose qui me restait après tout...

« Et... que cette conversation reste entre nous. C’est important. S’il-te-plait... » Lui demandais-je, ou plus exactement lui priais-je de faire.

Car pour la seconde fois je m’en remettais à quelqu’un, la première personne étant sa sœur. A quand remontais la dernière fois où je m’étais adressé à quelqu’un d’autre qu’à Daphné avec autant de... calme et presque d’une vulnérabilité improbable venant de ma part.






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MessageSujet: Re: This is how I feel... [PV Astoria]   Lun 25 Juin 2012 - 11:49

C’était un dialogue de sourd qui s’était installé entre nous. Comme si, malgré ma bonne volonté je parlais à un mur aussi sourd que le vent qui tue pendant une tempête. Oui, je pouvais considérer nos paroles comme la déclaration d’une catastrophe naturelle, même si tout cela est bien sûr relatif.
À vrai dire, c’était tellement rare que l’on se parle, et encore plus pour ne pas s’agresser. Pour être franche, c’était la première fois. C’était donc logique qu’il soit sur la défensive quand je lui ai craché le fait de tout comprendre de lui. Mais pour autant, je n’avais pas l’impression qu’il me croyait, plutôt une vilaine rengaine qui me murmurait que j ne gagnerai rien à rester ici. Mais, au plus profond de moi, j’étais sur de l’inverse. Alors je m’accrochais désespérément, comme si c’était un radeau en miettes sur lequel je voulais marcher, même si la conviction que je m’y enfoncerai sans trouver d’issue ne me quittait pas.

Ses mains se faufilèrent dans ses poches, il se contenait, croyait qu’en me fossoyant les apparences qu’il montrait, je lâcherai prise. Sauf que j’avais un gros avantage, qui n’en était pas toujours un, mon don. C’est dans ce genre de moment que je sentais que je n’étais pas une hystérique que la Nature avait mal dotée dès sa naissance. Non, j’avais un chance énorme, il fallait juste que je sache la saisir.
Il feignait encore le fait que j’étais à côté de la plaque. Je lâchais un profond soupir, bien consciente que rien n’avancerait comme ça, et pourtant, il fallait que ça avance. Je le voyais se noyer petit à petit sous mes yeux, voulant l’aider alors qu’il me repoussait en me disant qu’il se ne noyait pas. C’était totalement absurde.

« Tu sais très bien que je ne suis pas à côté de la plaque. Je le sens, je sens tout ce qui t’habite et je sais que cette peine est en train de t’enfouir six pieds sous terre sans que tu puisses rien faire même si tu cours après ta liberté. Je ne sais pas ce qu’Est-ce problème qui te fait tant de mal. Mais ne me dis pas que j’ai tord, j’ai totalement raison, tu le sais toi-même mais tu es trop renfermé sur toi pour osé montrer ne serait-ce qu’un semblant de faiblesse chez toi. »

Je fis une pause, regardant, guettant avec attention la moindre réaction qui le ferait sourciller ou que sais-je encore. Je plongeais un regard on ne peut plus sérieux dans le sien avant de continuer:

« Arrête de faire comme si il n’y avait rien. Ma sœur est là pour toi, ouvre-toi à elle si tu ne veux pas le faire à moi, ce qui serait tout à fait logique car tu n’a jamais pu m’encadrer et inversement proportionnel. Mais tout de même, j’aimerai juste que tu avoues qu’il y a un truc qui cloche, que tu l’accepte toi-même, ça t’aidera peut-être à résoudre le problème qui te préoccupe tant. »

Je refis un arrêt, ne ratant pas une miette de son intérieur qui criait de le laisser tranquille alors qu’il sauvait les apparences en restant parfaitement impassible.

« Ne me dis pas que j’ai tord, j’ai le don d’empathie et je sais mieux que quiconque ce que ressens chacune des personnes qui à poser les pieds ici. Alors arrête de te mentir et de mentir aux autres, peut-être que tu iras mieux. »

Je souffrais le martyr tellement la distance entre nous était faible, ses sentiments m’accaparant totalement. Je n’étais plus moi, j’étais une sombre reflet de lui-même. Malgré tout, je gardais un espoir de le faire se sentir mieux, qu’il avoue ne serait-ce qu’une seconde que j’ai totalement raison, ou bien qu’il fasse comme à son habitude: ne rien dire et souffrir.
Je sentis ses sentiments se troubler, comme s’il était un peu chambouler par ce que je venais de lui dire. Malgré ces paroles se firent sèches, même si elles n’étaient pas agressives.

« Pourquoi est-ce que je te parlerai ? Je sais que ta sœur est là, tu n’as pas besoin de me l’apprendre. Mais pour ce qui est de ce que je ressens réellement que veux-tu que je te dise ? Que oui je vais mal, que je me tue de l’intérieur ? C’est ça que tu veux entendre ? Et bien tu as gagné, voilà, tu as raison ! Et après, en quoi est-ce que cela peut bien t’avancer de le savoir ? Car tu ne sais absolument pas ce que je vis, tu ne peux même pas le supposer, et je peux te garantir que non seulement même si je le désirais je ne pourrais pas dire un mot, mais que de toute manière cela ne servirait à rien car les choses sont bien plus complexes que tu peux le croire. »

Ça ne m’étonnait gère qu’il réagisse comme ça. Mais bon, je ne pouvais rien y faire. Au moins, il avait avouer que je n’étais pas folle et que je savais ce que je disais. C’était un grand pas, mais pas encore de quoi sauter au plafond. Ça s’améliorait en tout cas.

« C’est pour cela que tu veux que je te parle, pour que ce que tu ressentes s’évanouisse une fois mon mal-être disparu ? Parce que je ne vois absolument pas en quoi résoudre mes problèmes pourrait t’importer. A moins que ce soit pour te donner bonne conscience. En tout cas je suis désolé de te décevoir mais il n’y a rien à faire pour moi, alors si tu veux pouvoir te sentir bien oublie-moi. Il n’y a aucune autre solution. »

Je ne disais rien, l’observant avec attention, ne voulant pas piquer un fard, car ce serait la dernière des attitudes à adopter. Je voulais l’aide avant de l’emmerder. Non, je ne voulais pas non plus me donner bonne conscience, c’est juste que je n’aimais que les autres se torturent pour je ne sais quelle raison. Malgré tout, il lâcha encore une phrase, qui me fit comprendre qu’il voulait au moins sauver son honneur.

« Et... que cette conversation reste entre nous. C’est important. S’il-te-plait... »

Je souriais doucement, lâchant un soupir approbateur, lui assurant d’une voix douce et rassurante:

« Ne t’inquiète pas, ce n’est pas le genre de choses que j’irai balancer comme ça. »

Je sentais sa vulnérabilité s’accroître, son inconscient prendre le pas sur son éducation réserviste et stricte. J’avais fais un pas immense là. J’avais de la chambre que la fatigue l’accablait.
Je m’asseyais sur le banc taillé dans la pierre qui était près de nous, et je continuais de la regarder.

« Ecoute, je vais être franche, si j’essaye ainsi de te pousser, ce n’est pas pour me donner bonne conscience. Je ne veux juste pas que tu sois malheureux. Je ne souhaites ça à personne.
Alors, si tu ne veux rien me dire, libre à toi, je ne te force à rien, si tu veux te confier, je peux te promettre que tout cela restera entre nous, même si j’imagines que ma sœur a réussi à te faire avouer tes malheurs, elle est bien plus douée que moi pour cela, je dois bien l’avouer. Mais j’ai un avantage sur elle, tu n’as pas besoin de me dire ce que tu ressens parce que je le sens déjà.
Drago, je sais qu’on ne s’est jamais vraiment apprécié, mais saches que je n’avais jamais remarqué ni même imaginé avant cela que tu pouvais autant souffrir. Je suis désolé d’avoir été odieuse avec toi alors que tu avais déjà assez de problèmes comme ça. »


Je baissais la tête, regardes es doigts qui se liaient et se déliaient au fur et à mesure que j’avais parlé. Je n’aimais pas parlé si sincèrement, j’avais l’impression d’être toute nue et vulnérable de tous. Mais autant jouer franc jeu avec lui, je n’avis plus rien à perdre.
Je redressais mon regard pour me remettre à le fixer.
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MessageSujet: Re: This is how I feel... [PV Astoria]   Mar 10 Juil 2012 - 17:45

L’empathie... A quoi ce don pouvait bien servir d’autre si ça n’était qu’à jouer l’intrus pour s’immiscer sans discernement dans la vie d’autrui ? Car je ne voyais pas d’autre possibilité que cela pouvait offrir. Tout don a un sens, le mien visait à bloquer mes pensées et à fouiller dans l’esprit des autres par exemple, le sien au juste ? Capter des pensées ou bien des émotions n’était peut-être pas réellement différent dans un sens, mais pourtant cela semblait l’affecter cruellement. Son corps était par moment parcouru de tremblements de même que son teint palissait à d’autres, comme si tout à coup elle se retrouvait à ma place, projetée dans mon propre corps et dans mon esprit sans même pouvoir comprendre la raison de ce qui le hantait à ce point. Je ne l’enviais réellement pas, mais je n’allais pas non plus la plaindre. Tout don est censé se travaillait, alors qu’elle fasse comme tous ceux qui en possédaient : qu’elle apprenne à le maîtriser ! D’un autre côté et d’une bien étrange manière je la comprenais, quand bien même elle me poussait dans mes derniers retranchements, abattant toutes mes barrières les unes après les autres dans une facilité déconcertante. C’était d’ailleurs pour cela que je réagissais envers elle avec tant de colère, car la peur me tiraillait un peu plus au fur et à mesure que ses paroles sortaient de sa bouche.

Je ne supportais pas cette idée qu’elle puisse comprendre ce que je ressentais, moi qui avais pris soin depuis mon plus jeune âge à le dissimuler. Et en l’espace de quelques secondes à peine elle m’avait percé à jour, non pas mes intentions heureusement pour moi, c’était bien la seule chose que je pouvais d’ailleurs maîtriser face à elle, mais la nature même de mon être que je n’avais encore jamais montré à quiconque d’autre qu’à sa sœur, et ce même accidentellement. Mais savoir et ressentir étaient des choses bien différentes, et visiblement Astoria ne semblait pas s’être attendue à capter et vivre elle-même ce véritable ouragan intérieur qui me dévastait. Alors je tentais de l’envoyer littéralement promener, encore et encore, afin que cette mascarade ridicule ne cesse une bonne fois pour toute. C’était la seule défense que je pouvais encore me permettre d’adopter, quand bien même l’acharnement de l’adolescente devait être au moins équivalent au mien. Qui allait l’emporter dans cette histoire, je commençais à m’en douter que trop bien... J’aurai eu, en temps normal, absolument tous les avantages, mais ces derniers temps plus rien n’était justement normal. J’étais épuisé, abattu, et plus que tout abasourdi car totalement à découvert face à elle, celle qui m’avait toujours profondément et réciproquement détesté. Et pourtant, d’une étrange manière, je commençais à avoir de moins en moins l’envie de lutter. Pourquoi ? Je n’en avais pas la moindre idée. Peut-être parce que j’avais l’impression finalement qu’elle n’était pas tout à fait comme je l’avais supposé, et surtout parce que j’avais réellement la sensation qu’elle pourrait me comprendre alors que moi-même ne le pouvait plus. Mais lui demander de l’aide ne venait même pas m’effleurer l’esprit, car d’une part elle ne pourrait rien faire pour moi, et d’autre part je tenais bien trop à ma fierté, aussi ébranlée pouvait-elle l’être ces derniers temps, pour que je fasse quoi que ce soit dans ce sens.

J’avais donc fini par le lui dire, par cracher bien malgré moi le morceau, comprenant que mes mensonges ne seraient d’aucune utilité face à elle. Et je n’étais pas non plus assez stupide pour vouloir m’entêter au point de continuer à fermer les yeux sur ses capacités, elle qui me perçait de plus en plus à jour. La seule et unique chose que je pouvais faire c’était d’acquiescer, de lui dire enfin ce qu’elle voulait entendre à savoir qu’elle ne se trompait pas sur mon compte, tout lui expliquant sans détour qu’elle ne pourrait pas en savoir plus pour autant. Elle avait compris, très bien pour elle, mais les choses s’arrêtaient là car 1) les choses étaient bien trop compliquées pour qu’elle les comprenne, 2) je n’avais rien le droit de dire et enfin 3) elle était la dernière personne dans ce château à laquelle je pourrais bien vouloir me confier. Elle n’en avait rien à faire de moi et vice-versa, même si son regard en ce moment même, je le remarquais, commençait à changer peu à peu. Peut-être finalement avait-elle enfin compris que les apparences étaient bien souvent trompeuses, et que j’étais justement un maître dans l’art de la dissimulation. Mais face à elle je ne pouvais de toute manière plus faire grand-chose, préférant clore la discussion là où elle en était restée, ce serait bien plus profitable pour nous deux. Déjà parce que je n’en pouvais plus de me sentir ainsi sonder, parce qu’elle-même semblait être bien plus mal-à-l’aise et presque au bord de l’évanouissement qu’autre chose, et enfin parce que je doutais fort qu’elle désire passer plus de temps avec moi que moi d’en perdre avec elle. De toute manière je ne voyais pas d’intérêt pour elle de me tendre la main si ça n’était que pour m’enfoncer un peu plus, et si elle désirait tant en fin de compte que ma souffrance s’allège c’était, à mes yeux, pour une seule et unique raison : si elle ressentait mon mal-être, que je l’amenuise serait ainsi la solution pour elle de se sentir mieux. Qu’elle autre explication pourrait-il y avoir à cela ?

« C’est pour cela que tu veux que je te parle, pour que ce que tu ressentes s’évanouisse une fois mon mal-être disparu ? Parce que je ne vois absolument pas en quoi résoudre mes problèmes pourrait t’importer. A moins que ce soit pour te donner bonne conscience. En tout cas je suis désolé de te décevoir mais il n’y a rien à faire pour moi, alors si tu veux pouvoir te sentir bien oublie-moi. Il n’y a aucune autre solution. » Lui dis-je alors sur un ton sec.

La Serpentard avait écouté chacune de mes paroles dans un silence absolu, ne m’interrompant étrangement pas une seule fois afin de laisser sa colère s’éclater et son venin sortir de sa bouche. Non, elle n’avait rien fait de tout cela... Décidément, je ne comprenais absolument plus rien à toute cette histoire. Je lâchais un dernier soupir et ajoutai tout de même, histoire que les choses soient claires, cette fois d’une voix bien plus calme que précédemment :

« Et... que cette conversation reste entre nous. C’est important. S’il-te-plait... »

Et là, à ma plus grande surprise, son visage n’exprima pas la moindre colère ou la moindre frustration, mais se transforma à l’inverse en une moue que je n’avais jamais cru possible de pouvoir voir un jour chez elle à mon intention : un sourire sincère, suppléé d’un soupir qui ne se voulait non pas las mais approbateur. Sa voix, devenue doucereuse, vint alors me déclarer que je n’avais pas d’inquiétude à avoir car ça n’était pas le genre de chose qu’elle irait conter à quiconque voudrait bien l’entendre. Je l’observais avec une attention légèrement teintée d’incrédulité, sentant malgré moi ces barrières qu’elle avait détruites en l’espace de quelques secondes à peine devenir moins pesante comme si la menace qu’elle incarnait à mes yeux s’amoindrissait. Bien entendu je ne pouvais pas non plus dire que je lui faisais confiance, chose que je n’offrais d’ailleurs que bien rarement. Mais disons en tout cas que je devenais peu à peu moins sur la défensive, quoique parfaitement égaré. C’était tout bonnement une histoire de fou...

Astoria décida de s’asseoir sur le banc de pierre qui était situé juste derrière elle, son regard demeurant cependant toujours rivé sur moi, dénué depuis quelques instants déjà de toute haine et de toute rancœur qui avaient laissé place à une absolue sincérité. Là, elle m’expliqua alors avec franchise que si elle agissait de la sorte ça n’était pas pour se donner bonne conscience mais en réalité parce qu’elle ne désirait pas que je sois malheureux. A ces mots mes sourcils se haussèrent brièvement, ne m’étant pas réellement attendu à entendre une chose pareille. Mais d’un autre côté je n’étais pas à une surprise de plus ce soir. La sœur de Daphné poursuivit tranquillement, déclarant qu’elle ne souhaitait voir personne être malheureux, de même qu’elle ne voulait pas pour autant me forcer à lui expliquer le pourquoi du comment si je ne le désirais pas. Toutefois elle ajouta que si je venais un jour à le vouloir, alors elle serait là et que chaque mot échangé demeurerait absolument entre nous. Puis elle me dit également qu’elle se doutait bien que Daphné devait déjà être au courant de ce que je vivais, elle qui était, à ses mots, bien plus douée qu’elle pour faire parler les gens. Je retins alors un léger sourire à ses paroles, pensant aussitôt qu’il était vrai qu’elle avait été particulièrement intuitive, ou devrais-je plutôt dire particulièrement maline. Car ce qu’Astoria ne pouvait et ne devait pas savoir, c’est que la réalité de ma situation n’avait été découverte qu’accidentellement à sa sœur. Quand bien même mes sentiments envers Daphné étaient plus que sincère, bien que je ne parvenais toujours pas à les lui formuler, mon silence visait à me protéger ainsi que ma famille tout autant qu’elle. Il dépendait de cela non seulement la réussite de ma mission mais également la survie des personnes qui m’entouraient et qui étaient aussitôt menacées et impliquées si elles venaient à découvrir ce qui se tramait. Et je ne pouvais pas me le permettre quand bien même par moment ce secret me pesait tellement que j’en suffoquais littéralement.
Astoria poursuivit en ajoutant que l’avantage qu’elle avait peut-être sur son aînée en revanche c’est que je n’avais pas besoin de parler pour qu’elle me comprenne. En un sens il est vrai qu’elle n’avait pas réellement tort sur ce point, quoique Daphné, avais-je à de nombreuses reprises pu remarquer, n’avait pas nécessairement besoin que je m’exprime pour savoir ce que je ressentais, ou du moins en avoir l’intuition. Cela n’avait pas toujours joué en ma faveur malheureusement, mais c’était pourtant une des choses qui avait fait que je lui avais non seulement accordé ma confiance mais que petit à petit j’avais succombé à son charme. Bien entendu tout ne s’était pas joué sur ce point, mais sa sœur également avait cette sensibilité quoiqu’exacerbée par son potentiel.

Enfin, ce furent surtout ses dernières paroles qui captèrent toute mon attention lorsqu’elle déclara que si l’on ne s’était jamais vraiment apprécié – ce qui était bien le moins que l’on puisse dire – elle n’avait jusqu’à présent encore jamais pu supposer qu’en réalité je souffrais autant. Et là, à ma plus grande des surprises et certainement encore même bien plus que le simple fait d’avoir appris quel était son don, l’adolescente me présenta des excuses pour avoir été « odieuse » envers moi depuis le début alors que j’avais assez de problèmes comme cela. Je la regardais alors, les yeux légèrement écarquillés par la stupeur tandis qu’elle fixait un instant ses doigts qu’elle manipulait, visiblement mal-à-l’aise. Si je m’étais attendu à cela...
Resté debout devant elle, aucun mot ne put franchir mes lèvres. Je réfléchissais à toute allure, ébahi par son geste. Je déglutis alors légèrement avant de me mordiller la lèvre, alors que le cheminement de ma pensée devenait plus clair. Et, mettant alors mes mains dans mes poches, je haussai les épaules pour lui dire sur un ton calme et posé que je n’avais encore jamais employé pour elle et que je n’utilisais d’ailleurs que très rarement :

« Je dois dire que je ne m’aurais jamais pensé pouvoir entendre un jour cela venant de ta part, mais je suppose que toi-même ne devait certainement pas t’y attendre non plus. Et si c’est le moment de jouer franc jeu alors... » Je m’interrompus, lâchant un léger soupir avant de m’asseoir sur ce même banc qu’elle.

Je fixais un instant le sol, prêt à faire un acte qui m’avait toujours été coûteux, mais après tout s’excuser, et qui plus est face à moi, n’avait pas dû être une chose aisée pour elle non plus.

« Je te remercie. Vraiment. Je me doute bien que ça n’a pas été simple pour toi de me le dire. Alors je pourrais très bien te répondre que tu as raison de le faire avant de tourner les talons, mais ce n’est pas ce dont j’ai l’intention. » Poursuivis-je en tournant la tête pour croiser son regard, un léger sourire presque imperceptible au coin des lèvres.

Oui, lui dire simplement qu’il était temps qu’elle réalise qu’elle s’était fourré le doigt dans l’œil jusqu’à l’omoplate sur mon compte puis partir fièrement était tout à fait de mon genre, et je ne pouvais pas dire que je n’y avais pas pensé. J’aurais également pu ajouter que j’acceptais ses excuses et qu’à présent elle avait intérêt à rejoindre son dortoir ou que sais-je d’autre, mais je n’en avais pas l’intention non plus. Mais que désirais-je faire pour autant ? Je n’en savais rien. Juste lui montrer ou plutôt lui faire comprendre que dans une certaine mesure j’appréciais qu’elle ait franchi ce pas, qu’elle ait osée s’excuser pour savoir moi-même que c’était là une chose qui était extrêmement difficile à faire. Alors si j’aurais peut-être dû en faire de même à son compte je ne le pouvais pas pour autant. Peut-être que le seul fait de me montrer moins cassant envers elle et peut-être plus naturel, du moins pour autant que je pouvais l’être, serait une manière de procéder qui lui serait explicite. De toute manière je ne l’étais qu’avec peu de personnes, alors j’espérais qu’elle le comprendrait en ce sens. Et puis elle était la sœur de Daphné, alors pourquoi ne pas faire un effort, après tout ?
En tout cas chacun avait fait un pas vers l’autre, et venant de ma part c’était un grand privilège que je lui offrais.






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MessageSujet: Re: This is how I feel... [PV Astoria]   Dim 15 Juil 2012 - 14:00

Si je m’étais attendu à cela…
Jamais je n’aurais pensé pouvoir parler avec cet homme que je haïssais du plus profond de mon cœur, avant ce soir. Pourquoi je le haïssais d’ailleurs ? Je ne le connaissais même pas, j’avais juste eu des brides de conversations, et en plus, nous ne discutions pas ensemble, on s’enguirlandait de noms d’oiseaux pour toujours en revenir au même : la haine.
Le monde était bien assez prétentieux, alors pourquoi nous en rajoutions les uns et les autres ? Un jeu pour que l’Humanité s’autodétruise ? Peut-être… Après tout, ça se voyait clairement que tout partait à la dérive. Mais je ne comprenais pas, moi qui essayais pourtant de faire la distinction entre le monde apparent et le monde intérieur, je n’avais jamais pu cerner cet homme. Mais maintenant que nous avions malencontreusement eu cette rencontre nocturne, je comprenais tout. Je voyais clair dans son jeu obsessionnellement sadique voire malsain. Il avait juste mal et se défoulait comme il pouvait. Il n’avait pas un mauvais fond, ça se voyait dans le fond de ses yeux clairs. Non, ses paroles étaient juste assez protectrices pour être cassantes envers les autres. Il ne sentait plus pouvoir se protéger autrement que comme cela. Il voulait rester droit comme un piquet face à moi, alors que je savais qu’il était courbé sous le poids de la fatigue et de la peur.
Jamais on ne pourrait me tromper sur cela. Oui, je savais ce que c’était de souffrir mais si cela semble ironique. Ma grande sœur m’avait toujours protégé de tout, ma famille aussi, mais il ne pouvait rien faire contre les démons intérieurs qui les habitaient et qui par la même occasion, détruisaient mon équilibre déjà bien instable face au monde déchirant qui s’afférait à tous nous enterrer mort ou vivant.

Je soupirais en le voyant se braquer encore une fois face à moi, prétextant que je ne voulais aider les autres que pour me faire du bien. Je sais que ça peu le paraitre, pourtant, je souffrirais éternellement et ne pourrais pas aider toutes les personnes que je rencontrerais, alors non, j’avais renoncé à aider tout le monde. Je ne pouvais donc pas me guérir comme cela. Non je devais attendre encore et encore que le monde se relève et qu’il fasse un doigt d’honneur aux malheurs en les chassant à coups de pieds dans le derrière. Oui, ça peut paraître idyllique de métamorphoser la vie comme cela, mais après tout, elle nous change tous alors pourquoi pas la changer aussi à coups de mots ou d’actes peut-être trop bienveillants pour être crédibles.
Il s’était noyé dans ses paroles colériques, mais je ne disais rien, l’écoutant avec attention, ne voulant pas le bousculer plus qu’il ne l’était déjà. Il continua en me demandant de garder malgré tout cette conversation confidentielle.

Je soupirais pour acquiescer souriant sincèrement par la même occasion. Je vis son visage se transformer en surprise juste le temps d’un éclair, comme s’il s’était retrouvé au dépourvu face à une réaction si douce de ma part. Oui je sais l’être parfois. Tout le monde à une face plus tendre, mais seul les gens qui savent ce qui compte pour eux peuvent la montrer, et encore pas à tout le monde.

« Ne t’inquiète pas, ce n’est pas le genre de choses que j’irai balancer comme ça. »

J’avais été douce dans ma voix et mes parles car je savais que la fatigue destructrice commençait à l’ensevelir lentement. Je ne voulais pas faire de lui quelqu’un de vraiment mauvais puisque je savais qu’il était capable d’aimer, car ma sœur avait eu la chance de l’attraper au bon moment. Comment et pourquoi, cela ne regardait qu’elle, mais elle avait réussi, alors le cœur de Drago n’était pas fait uniquement de pierre. Seuls des immenses remparts bien gardés encerclaient son cœur bien fragile comparait à tout le mal qu’il se donnait pour ne jamais qu’il soit atteint.

Je m’asseyais un peu en retrait, sur un banc froid en pierre, que l’hiver avait frigorifié autant que le temps. Et je continuais avec la même douceur :

« Ecoute, je vais être franche, si j’essaye ainsi de te pousser, ce n’est pas pour me donner bonne conscience. Je ne veux juste pas que tu sois malheureux. Je ne souhaites ça à personne.
Alors, si tu ne veux rien me dire, libre à toi, je ne te force à rien, si tu veux te confier, je peux te promettre que tout cela restera entre nous, même si j’imagine que ma sœur a réussi à te faire avouer tes malheurs, elle est bien plus douée que moi pour cela, je dois bien l’avouer. Mais j’ai un avantage sur elle, tu n’as pas besoin de me dire ce que tu ressens parce que je le sens déjà.
Drago, je sais qu’on ne s’est jamais vraiment apprécié, mais saches que je n’avais jamais remarqué ni même imaginé avant cela que tu pouvais autant souffrir. Je suis désolé d’avoir été odieuse avec toi alors que tu avais déjà assez de problèmes comme ça. »


Je m’étais excusé mais bien sûr, comme pour ne pas que l’on puisse observer quoi que ce soit, j’avais baissé la tête, bien trop honteuse, même s’il n’avait pas lieu de l’être, d’avoir réussi à en avoir avoué autant.
Je relevais la tête alors qu’un petit moment de silence s’était glissé entre nous, faisant augmenter la gêne qui habitait mon corps, complètement dépassé par les évènements. Et il commença sur un ton clame que je ne lui connaissais pas :

« Je dois dire que je ne m’aurais jamais pensé pouvoir entendre un jour cela venant de ta part, mais je suppose que toi-même ne devait certainement pas t’y attendre non plus. Et si c’est le moment de jouer franc jeu alors... »

Il lâcha un soupir que je ne sus guère interpréter avant qu’il ne s’assoit sur le même banc que moi. Je ne le quittais pas des yeux, mes doigts s’entrecroisant toujours autant.

« Je te remercie. Vraiment. Je me doute bien que ça n’a pas été simple pour toi de me le dire. Alors je pourrais très bien te répondre que tu as raison de le faire avant de tourner les talons, mais ce n’est pas ce dont j’ai l’intention. »

Il se mit à me regarder, et je vis un fin sourire écarter ses lèvres, même si l’on ne pouvait pas dire que c’était le plus beau sourire qu’il ait jamais dû avoir. J’étais au moins heureuse qu’il reconnaisse mes efforts, et je prenais ces remerciements comme des excuses de sa part aussi. Je savais très bien que la fierté masculine des hommes comme lui ne devait jamais être démontée, alors ces excuses seraient celles-ci et rien d’autre. C’était déjà un bon début.

Un léger silence revint entre nous. Je détournais le regard vers le sol qui semblait s’humidifier à cause du suintement presque lascif des lieux. Je ne savais plus trop quoi lui dire, pour autant, je me sentais mieux, même si je sentais que le fond de son cœur ne serait pas guérit par si peu. Je me perdais dans mes pensées un peu paumées. J’allais devoir faire du rangement dans mes aprioris, et cela s’annonçait d’être périlleux.
Je soupirais avant de lui dire, un air presque fragile dans la voix :

« Je suis heureuse que tu t’entende si bien avec ma sœur. C’est quelqu’un de formidable. Je n’en prends peut-être pas assez conscience. Mais je ne voudrais pas que tu te rates avec elle. Sans vouloir être vexante, tu as besoin d’elle comme elle a besoin de toi. Ne me demandes pas comment jesais ça, elle ne m’a jamais vraiment rien dit sur vous, mais je le sens… Je souhaiterai juste une chose , une unique chose… »

Je sentais mon cœur se serrer pour une raison qui m’était inconnue, peut-être une peur que je venais de découvrir. Une parmi tant d’autres.

« Ne la fais pas souffrir… Elle ne le doit pas, j’ai toujours pris ses souffrances, alors je ne veux pas que tu lui en donnes et qu’elle ne me les avoue pas. Ça peut paraître idiot, et pourtant, c’est toujours ce que j’ai ressenti. »

Je n’ajoutais rien d’autre, continuant de fixant le sol. Cette fois, je ne pouvais plus revenir en arrière. Il commençait à apercevoir la brèche immense qui s’était créée dans mon cœur depuis longtemps, je n’aimais pas la montrer, mais mes mots avaient été plus rapides que mon contrôle mental. A croire que je commençais à lui faire confiance…
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MessageSujet: Re: This is how I feel... [PV Astoria]   Ven 17 Aoû 2012 - 21:11

Spoiler:
 


La situation était tellement étrange... Dire qu’il y a à peine quelques minutes encore nous étions en train de nous prendre joyeusement la tête, comme toutes ces fois où nous nous étions malencontreusement adressés la parole. Mais plus nous discutions à cet instant précis, et plus nous nous rendions compte que l’un comme l’autre se haïssait presque, sans en savoir pour autant la raison. Je ne dis pas pour autant que je regrettais mon comportement - je n’aimais pas avoir à me reprocher ce genre de choses - mais qu’il n’était en réalité pas vraiment approprié. Seulement nous avions tous les deux toujours été en faute, du moins était-ce ce dont j’avais l’impression. Et même s’il était bien trop tôt encore pour pouvoir remettre pleinement cela en question, cette conversation que nous menions m’offrait la possibilité d’entrevoir autre chose chez elle que ce que j’avais toujours pensé à son sujet jusqu’à présent. En fin de compte, la sœur Greengrass n’était pas si mal que cela, même si la possibilité qu’elle puisse à ce point mettre mes ressentiments à nu me gênait plus qu’autre chose. Lire dans l’esprit d’autrui n’était pas une carte qu’elle avait dans ses mains, à la différence de moi. Cependant les émotions peuvent parfois parler tout autant, et en cela je me devais d’être d’autant plus vigilent que de coutume, ce qui ne serait pas une mince affaire. Ma paranoïa s’exacerbait de plus en plus, mais à présent un nouveau cas de figure qu’elle incarnait se présentait à moi. Deux possibilités m’étaient donc offertes : ou bien je partais dès à présent et l’éviterai un maximum à l’avenir pour ne pas qu’elle découvre ce que, disons, je prévoyais pour l’avenir de cette école, ou bien je tentais de poursuivre mes mensonges en sachant pertinemment qu’elle ne serait pas dupe. Bien évidemment le choix était rapidement fait, mais pour autant qu’est-ce que je risquais à rester quelques instants encore ? Certes, rien ne me retenait réellement ici puisque, même si je m’étais visiblement trompé à son sujet, il n’en demeurait pas moins que nous n’étions absolument pas proches, mais d’un autre côté j’avais la sensation qu’elle pouvait comprendre des choses que peu avaient encore décelés. Aucun intérêt, n’est-ce pas ? Pourtant quelque chose me poussait à vouloir rester là, ne serait-ce que quelques minutes. Pourquoi ? Je n’en avais strictement pas la moindre idée, mais qu’importe. De toute manière je ne dormirai pas de sitôt, alors autant passer autrement mon temps qu’à travers ces sempiternelles cogitations qui ne me menaient à rien si ça n’était qu’à me faire plonger un peu plus dans ces abysses infernales.

Assise sur ce banc de pierres aussi froides que je l’avais été envers elle quelques instants plus tôt. Et sa voix se fit alors douce, ton que je ne lui connaissais pas jusqu’à présent. Et même si je devais avouer que cela ne me dérangeait guère outre mesure, échanger des sarcasmes en longueur de temps était parfois bien épuisant. Au moins aujourd’hui avions nous une conversation authentique. Une chose était certaine en tout cas, celle-ci se faisait dans la sincérité, et je devais bien admettre que les paroles qu’elle eut à ce moment-là me surprirent plus qu’autre chose. Elle s’adressait à moi avec franchise et honnêteté, mais aussi et surtout une certaine fragilité qu’elle s’était toujours forcée de cacher jusqu’à présent, d’autant plus face à moi. D’un caractère pour le moins explosif, elle non plus ne montrait pas ce qu’elle était en réalité. Cela nous faisait-il donc un point commun ? Peut-être bien, mais pour le moment je refusais d’envisager cela comme tel. Même si elle était une Sang-Pur, me comparer à d’autres était bien plus que désagréable et inenvisageable pour moi. Une forme de protection, sans aucun doute. Au moins cela me permettait de lutter contre ce manque de confiance en moi insoupçonnable pour ces autres, parce que je refusais de le montrer.
Astoria poursuivi sa tirade, m’expliquant qu’en réalité ça n’était pas tant pour se donner bonne conscience qu’elle agissait ainsi mais parce que la souffrance d’autrui pouvait bien plus l’affecter qu’elle ne voulait le laisser paraître, ajoutant à cela que jusqu’à présent elle avait malheureusement été loin d’imaginer qu’à mon tour je pouvais avoir des choses bien plus complexes et douloureuses à cacher que nul ne pouvait le croire. Ce qui me surprit toutefois ne fut pas tant qu’elle aurait pu déceler ce genre de chose en moi, mais bien plus qu’elle osait me présenter ses excuses elle qui, comme moi, tentait de préserver constamment une certaine fierté. Et oser faire ce pas qui plus est face à une personne en qui elle n’avait bien entendu pas la moindre confiance et qu’elle avait toujours profondément haïs était pour le moins... déroutant. Pour l’un comme pour l’autre d’ailleurs, à ce que je pouvais en juger par son expression tandis qu’elle abaissait la tête, ayant certainement honte de ce qu’elle venait de faire, du moins se sentant bien plus mal-à-l’aise par ses pseudo confessions qu’autre chose.

Perdus, un silence s’était alors installé entre nous, aussi lourd que pouvait l’être l’atmosphère d’une chaude soirée d’été alors qu’un orage s’amoncelait. Fixant à mon tour le sol, je réfléchissais attentivement à ce qu’elle venait de me dire. Non je ne serai pas prêt de lui parler, mais que ce soit à elle comme à un autre. Et malgré, tout gagner ma confiance était aussi complexe que voler un œuf d’un Magyar à pointes, alors quand bien même les choses semblaient prendre une tournure différente qu’à l’accoutumée, il n’en demeurait pas moins que pour une question tout autant de sécurité que réserve je ne parlais à personne. Mes affaires étaient personnelles, et celles qui concernaient le Seigneur des Ténèbres l’étaient d’autant plus. Toutefois, je ne pouvais pas prétendre que ses paroles ne m’avaient pas atteintes d’une manière ou d’une autre. Elle avait fait un pas vers moi dont elle était l’une des rares personnes que j’aurai imaginé pouvoir faire, et pourtant. D’une voix devenue calme et alors qu’elle relevait la tête vers moi, je lui avouai en toute franchise et sans détour que je ne m’étais jamais attendu à ce qu’un jour elle daigne faire ce geste à mon égard. Lâchant un soupir qui n’était cette fois en aucun cas exaspéré ou agacé, je m’assis à mon tour sur le banc et repris ma phrase laissée jusqu’à lors en suspens, faisant à mon tour un effort à son égard, du moins autant qu’il m’était possible d’en faire un. Mais à mon sens c’était déjà bien assez, et quiconque me connaitrait un minimum en aurait conscience. Je la remerciai alors avec sincérité, croisant son regard aussi attentif qu’anxieux, pendant que je lui expliquai que certes j’aurai pu me contenter de la laisser en plan sur ces paroles et que j’aurai d’ailleurs pu profiter pleinement de l’occasion pour l’enfoncer un peu plus, mais je n’en avais absolument pas l’intention. A ces mots, un fin sourire se dessina sur mon visage aussi fin que pointu, constatant un soulagement certain sur son visage et peut-être un soupçon de joie après que j’ai reconnu cet effort réel quel avait fait pour en arriver là.

Puis à nouveau ce silence, mais cette fois plus léger que le précédent. La sœur Greengrass détourna son regard pour le porter vers le sol de pierres tandis que je fixai un instant mes mains sans les voir, le regard vitreux tandis que je m’égarai dans mes éternelles et inlassables cogitations. Certes j’avais beau avoir l’impression que quelqu’un pouvait pleinement me comprendre en ces lieux, mais pour autant qu’est-ce que cela pouvait m’apporter de plus que de la frustration ? Même si elle pouvait ressentir mon mal-être et admettons que, chose impossible, elle soit au courant de ma mission, que pourrait-elle y faire ? Rien, absolument rien. Je n’avais pas besoin de me confier mais de trouver une solution au problème que représentait Dumbledore. Et cela, empathique ou pas elle ne pourrait rien y faire. J’étais seul impliqué dans cette histoire et de toute manière je devais le rester. J’en viendrai à bout moi-même, je m’en faisais le serment, et sans l’aide de personne. Alors même si elle pouvait comprendre que je pouvais être aussi épuisé qu’effrayé qu’est-ce que cela pourrait bien y changer au fond, si ce n’est me faire perdre le peu de cette assurance feinte que je possédais encore et qui me permettait de rester dans le dénis de la réalité pour pouvoir l’affronter ? Je devais cesser de remettre les choses en question voire même de réfléchir, car cela reviendrait simplement à se suicider. Réfléchir revenait à prendre conscience de la situation et irrévocablement à la remettre en question sur son bien-fondé mais aussi et surtout sur ma capacité à l’accomplir. Et si je venais à douter de cela, si je laissais l’angoisse et l’incertitude prendre toute sa place dans mon esprit j’étais un homme mort. Hors je voulais me battre pour ma vie, coûte que coûte, ainsi que pour celle de mes proches qui ne dépendait plus que de moi... Que pourrait-elle comprendre à cela sans l’avoir vécu ? Même si elle pouvait le ressentir, elle ne serait jamais à ma place.

Son soupir me sorti de ma réflexion, avant que sa voix devenue étrangement faible voire même fragile ne retentisse pour m’avouer qu’elle était heureuse que je m’entende ainsi avec Daphné. A ses paroles je ne pus m’empêcher de froncer légèrement les sourcils, étonné par cet aveu alors que depuis le début elle ne s’était jamais interdit de laisser entendre combien elle ne pouvait pas supporter l’idée que sa bien-aimée chère sœur soit avec quelqu’un comme moi. A cela, elle ajouta qu’elle était quelqu’un de réellement formidable, chose qu’elle ne reconnaissait peut-être pas aussi souvent qu’elle le voudrait ou le devait. Et en cela, elle ajouta qu’elle ressentait combien je pouvais avoir besoin d’elle tout autant qu’elle avait besoin de moi. Je baissai la tête, mordillant légèrement ma lèvre inférieure alors que je venais de me rendre compte qu’en définitive elle était peut-être la seule ici autre que moi-même à savoir réellement ce que je ressentais pour Daphné, chose que je n’avais encore jamais pu avouer à la concernée. Je demeurai silencieux, autant par mon embarras que parce que je sentais qu’elle désirait ajouter quelque chose à cela, aussi difficile à dire que cela semblait l’être pour elle. C’est alors qu’elle me demanda enfin de ne pas la faire souffrir son regard demeurant rivé au sol tandis que même sans avoir son don je pouvais comprendre que cette perspective pouvait réellement lui faire bien plus de mal que je ne pouvais encore le supposer. Malheureusement que pouvais-je répondre à cela, tout en sachant que très prochainement ce serait précisément ce que je ferai en mettant un terme à notre relation ? Demeurant un instant silencieux, je lui répondis d’une voix que je gardai la plus neutre et contrôlée possible :

« Sois sûre que je ferai ce qui sera le mieux pour elle. »

Même si cela devait passer par la souffrance... mais elle serait bien moindre que celle que le danger qui nous guettait tous, et plus particulièrement les personnes qui seraient dans la première ligne de mire du Lord Noir. A nouveau, cette perspective me donna l’impression que l’on m’enfonçait un couteau dans la chair sans que je ne puisse me débattre mais en acceptant purement et simplement cette souffrance contre laquelle je ne pouvais de toute manière plus lutter. Mais avant qu’Astoria ne puisse en ressentir d’avantage, je préférai mettre un terme à la conversation avec elle. Elle en savait déjà trop par ses ressentis, et ceux qui étaient précisément en train de reprendre leur assaut en moi pour me dévorer de l’intérieur ne devaient pas lui être manifestes. Il ne fallait pas qu’elle comprenne...
Je me levai alors, balayant le couloir du regard tandis que je mettais mes mains dans les poches de mon pantalon noir de costume, passant un instant ma langue sur mes lèvres pour balayer mes pensées et mes émotions un maximum avant de lui dire d’un air le plus neutre et le plus naturel possible :

« Bon, il est temps de retourner dans les cachots. Je te laisse encore cinq minutes maximum mais après tu t’y rendras. Sur ce. » La saluai-je d’un simple signe de la tête avant de m’éloigner, prenant une inspiration pour me remettre de ce moment réellement étrange et que je ne serai pas prêt d’oublier...






Drago Malefoy ~ Serpentard ~ 6ème année
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